KROTZ STRÜDER – Deadalus Geist (II) – (CD-R)

KROTZ SRÜDERJe pense à ce poème :

« La solitude la mort la dernière révolte

Celle d’une gloire jouée sur le tapis du temps

Et la parodie qui défigure toute douleur

La fatigue et ce rictus qui n’en finit plus de masquer la vie »

Jacques Prevel (De colère et de haine)

C’est un CD autoproduit rassemblant un choix de morceaux, chansons ou pièces enregistrés de juillet 2004 à février 2008…

Le Romantisme est un style périlleux, mais Julien Granjean a su relever le défi avec élégance et talent.

Au point d’étonner et d’émerveiller le blasé que je suis devenu, peu à peu, insidieusement.

Planent sur sa musique les ombres d’Hoderlin, William Blake, Emilie Bronte, et même celle d’Artaud le momo, évoqué dans un des textes profonds et émouvants.

On dit de sa musique qu’elle est minimaliste…Certes elle est très épurée, mais aussi ciselée, pour un effet maximal, pour toucher au plus profond.

Ce sont essentiellement des ballades, à quelques exceptions près comme Soutine ( morceau 6) ou Antinoüs IV (le 16), rythmés et nerveux, qui laissent à penser que Julien Grandjean apprécia aussi l’expressionnisme.

On peut écouter quelques morceaux (mp3) sur son site :

http://pagesperso-orange.fr/k.struder/

et consulter sa déjà fort conséquente discographie.

Commande des disques à krotzstruder at yahoo.fr (remplacer at par @)

Ou à :

Julien Granjean

 

2 bis rue du Grand Clos
77000 MELUN

Il est aussi l’auteur d’un premier recueil de textes, « Précipité » (aux excellentes éditions de L’arbre Vengeur), je viens de le commander et je ne manquerai pas de le chroniquer ici même.

Jean-Pierre Turmel (25/04/08)

 

Le Dico du Rock’n Roll au Cinéma – Jean Emmanuel Deluxe – Scali – 2008

LE DICO DU ROCK'n ROLL AU CINEMA« Quand le rock se frotte à la caméra » dit le texte promo de la quatrième de couverture…J’aime bien l’image…Il faut bien dire qu’avec ce sujet on est un peu en terres de perversions : qu’on soit fan de cinéma où rocker, le domaine est souvent regardé de haut, voire carrément méprisé, comme lieu de prédilection du mercantilisme le plus vil.

Pourtant ce rejet « bien pensant », ne peut qu’engendrer en réaction de troubles désirs, voire de brûlantes passions. Celui qui est atteint se met alors en quête du navet le plus improbable, mais contenant la séquence miraculeuse avec quelques images de l’idole ou quelques mesures de sa sublime musique.

Bien souvent la rumeur a précédé la découverte, de fan en fan on se repasse oralement un titre et des descriptions magnifiées. La déception est souvent au rendez vous le jour ou enfin on visionne une copie de (très) mauvaise qualité de l’œuvre mythique.

Mais il arrive aussi qu’on ait de formidables surprises, autant cinéphiliques que musicales. Ces rares moments valent bien des années de pénibles recherches.

Qu’on se rassure, ce livre n’est pas un véritable dictionnaire…C’est bien plus !

Il y règne surtout la subjectivité, tant au niveau de sa structure que de ses choix. Car il y a des choix, même si cela fourmille de détails « pointus » propres à étonner le collectionneur de « cameos » le plus exigeant, l’exhaustivité n’étant pas possible, en dépit de l’autolimitation à un domaine aussi circonscrit.

L’intérêt vient précisément de cette subjectivité et de ces choix, car par eux se dessine au fil des pages un portrait en creux de l’auteur. Dès lors, sur ces bases, se développe un autre plaisir, plus proche de celui éprouvé à la lecture d’une (auto)biographie ; il s’additionne à l’intérêt documentaire de l’ouvrage.

Je me suis plu à me laisser dériver de paragraphes en paragraphes, dans le désordre et presque aléatoirement, d’Alan Freed au « Chemin de la Mauvaise Route », de « Jennie : Wife / Child » à Gillian Hills, de « Daisies » aux « Tueuses en Collant Noir »… Me réservant le droit, plus tard, d’une lecture linéaire…Pour de nouvelles sensations.

C’est assurément un ouvrage de référence…un outil de travail… en même temps qu’un journal de voyage.

Jean-Pierre Tumel24/04/08

Un si joli mois de Mai – Documentaire (52’) de Bertrand Delais

UN SI JOLI MOI DE MAI

Projection au Melville (Rouen) le 22/04/08

Ceux qui me connaissent bien seront sans doute surpris de me voir m’en prendre avec véhémence à une œuvre (quelle qu’elle soit)…En général je ne parle que de ce qui me plait (et il y a tant à faire sur ce plan), laissant de côté ce qui me hérisse ou même simplement m’indiffère, estimant ne pas avoir le droit (exorbitant) de démolir en quelques lignes tout un travail.

Mais en ce qui concerne ce documentaire sur Mai 68 en Normandie, l’enjeu est tout autre : face à un mensonge touchant à l’histoire (même si c’est par omission), réagir et témoigner devient un devoir.

D’autre part, sans doute me serais-je abstenu si son réalisateur, Bertrand Delais lors du débat qui suivit ne s’en était pris lui-même à ceux qui (selon ses dires « mensongers ») réécrivent l’histoire, faisant de Mai 68 un mouvement uniquement étudiant et parisien…Le populisme de l’argumentation et son style, sont aisément identifiables…On voit bien que peu de choses ont changé depuis 68 !

Quand on veut faire la leçon aux autres sur le plan historique on doit s’efforcer me semble-t-il d’être soi-même irréprochable. Or c’est très loin d’être le cas de Bertrand Delais, son documentaire est une caricature, et finalement une trahison.

Parler d’un mouvement qui était tout sauf homogène, dont la caractéristique principale était au contraire la multiplicité des groupuscules, en ne montrant que Gérard Filoche (JCR) et des syndicalistes CGT (et pour prétendre à une soi-disant objectivité des représentants de la droite traditionnelle) c’est tout de même pousser la faucille et le marteau un peu loin !

Quid des différentes factions Trotskistes et Maoïstes ? Où sont les nombreuses tendances anarchistes ? (On semble oublier curieusement le déferlement des drapeaux noirs aux côtés des drapeaux rouges.)

Et le PSU (dont l’importance entre partis traditionnels et le mouvement fut grande) où est-il ?

Il y eut même sur le campus de Rouen deux sympathisants de l’Internationale Situationniste qui distribuaient « De la misère en milieu étudiant » ! (Qui étaient-ils ? Qui les connait ?)

Côté syndical, même traitement : rien à propos de la brutale métamorphose de la CFDT, jusqu’alors engluée dans une tradition syndicaliste chrétienne, qui devint en quelques jours le trait d’union entre jeunes étudiants et jeunes ouvriers.

J’étais pour ma part un électron libre, à mi chemin entre surréalisme et mouvement hippy,

Passant mon temps à aiguillonner par mes questions dérangeantes tous ces groupuscules au sein desquels j’évoluais sans appartenir vraiment à aucun. Et nous étions beaucoup d’électrons libres ! (Autre aspect du mouvement.)

On a oublié qu’un autre grand slogan de Mai 68 c’était « contestation permanente ! » (Y compris de l’intérieur.) Alors que c’est sans doute le seul qui ait perduré, faisant du français un citoyen un peu moins contrôlable, un peu moins « veau » que les autres peuples.

Le commentaire admiratif de Bertrand Delais à propos des images des grévistes du Havre (alors fief du PC) ne marchant pas sur les pelouses pendant les défilés, délivre un autre message : vive l’esprit moutonnier !

Guy Pessiot pendant le débat fit remarquer (avec justesse mais trop de bonhomie à mon goût) qu’on ne parlait pas non plus des lycéens dans ce « docu-menteur »…Or effectivement cet aspect du mouvement fut lui aussi très révélateur de ce qui se passait et d’une grande nouveauté. La jeunesse avait un besoin énorme de se libérer du carcan qui l’emprisonnait… Même (et peut-être surtout) dans les institutions religieuses comme le rapportait une autre intervenante pendant le débat.

La thèse de Bertrand Delais est tout bêtement mathématique : Les grévistes CGT étaient plus nombreux que les étudiants, donc Mai 68 n’est qu’un mouvement ouvrier.

Faisant table rase de l’intérêt fondamental de 68 : le formidable débat d’idées qu’il a instauré. Si la CGT avait eu des idées novatrices durant cette période ça se saurait !

La vérité est que le mouvement de Mai était confronté à deux conservatismes, l’un Gaulliste et l’autre du PCF. La révolte s’est faite contre les deux !

Bertrand Delais ne fait que reprendre à son compte les thèses des éléments les plus néo-stalinien du Parti Communiste Français d’alors (je pèse mes mots).

Les cadres du Parti et de la CGT ont tout fait pour éviter une véritable rencontre entre ouvriers et étudiants. Rappelons (même si ça va en gêner beaucoup, y compris dans l’extrême gauche) que les nervis staliniens ont sans doute plus « cassé » de l’étudiant que les CRS eux-mêmes !

Je n’ai dû moi-même mon salut lors d’une discussion dans une usine sur le port qu’à la présence d’un délégué CFDT (j’en profite pour remercier cet inconnu).

Bertrand Delais rappelle les grèves ouvrières violentes de Janvier 68 près de Caen. Rechercher des signes précurseurs à cette grande vague de fond eut pu être intéressant et pertinent, si l’idée partisane (et non historique) qu’il instille n’avait été que l’origine véritable de Mai 68 n’était qu’ouvrière.

On comprend alors pourquoi il ne parle pas du noyautage de l’UNEF à Strasbourg par des éléments de l’Internationale Situationniste, en 1967, autre fait historique qui annonçait la suite.

Non seulement Bertrand Delais ne connait quasiment rien de son sujet mais il est foncièrement intellectuellement malhonnête, et au service d’une idéologie exécrable !

En fait son entreprise me fait penser à ces nostalgiques de la Russie d’aujourd’hui qui regrettent le bon vieux temps de Lénine. C’est le même négationnisme stalinien !

Il est vraiment dommage qu’une telle œuvre vienne ternir l’image du Pole Cinéma (associé pour la projection), dont j’avais apprécié l’action jusqu’à présent pour soutenir des œuvres originales.

Le long documentaire sur les sous-marins par Jean Gaumy par exemple, ou bien l’adaptation cinématographique par Rémy Ricordeau et Alain Pitten de « Putain d’Usine » de Jean-Pierre Levaray (même si j’ai regretté qu’on n’ait pas montré d’avantage l’action culturelle de J-P Levaray en dehors de la dite « usine » (en temps qu’éditeur), une démarche bien exemplaire).

Jean-Pierre Turmel (23/04/2008)

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LES FLEURS RACOLENT n°6 – François Belot

Déjà le 6ème numéro de la belle revue graphique de François Belot…et probablement le dernier.

“la revue des belles cocotes en papier et de la décoration intérieure moderne” …tout est dit ou presque…Descendance Bazooka, c’est plein d’enfants, de hamsters et autres rongeurs, de pigeons (qu’on nous demande de compter, mais je suis flemmard) et (sauf erreur) d’un seul paon. La couverture, comme d’habitude, est en papier peint style années 60, du plus joli effet. “Dans la grande maison des garçons morts on y trouve plein de cocottes en papier, des hamsters, des fleurs et des pigeons” . Dépéchez vous il reste encore quelques exemplaires du n°5  sur MySpace

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PULL – “the Berlin tapes” – Parklife records – 2007 pkl18

PULL - the Berlin tapesJ’aime les formats non standards…Bien souvent c’est ainsi que commence la résistance : refus de rentrer dans les cases !

PULL “the prawn clown” est un CD du groupe de David Lespes…Musicien d’une grande sensibilité, résidant maintenant à Berlin.

C’est assurément de la Pop mais finalement indéfinissable. Naiveté feinte…ou vraie, peu importe.

Presque enfantine… si souvent tout n’était parasité par de plus sombres et atonales brumes, ou de sarcastiques stridences.

Très beau vraiment .

L’objet de format 21 x 14,8cm comporte un livret de 20 pages, illustrées et avec des textes (français + anglais). Edition numérotée et limitée à 333 exemplaires . C’est publié par PARKLIFE records, label petit par la taille mais grand par la qualité.

Enfonçons le clou : c’est INDISPENSABLE directory!

—Google translation —

I like the non-standard formats … Often Thus begins the resistance: refusal to return to the boxes !

PULL “the prawn clown” is a CD of David Lespes’s band … Musician  of great sensitivity, now residing in Berlin.

This is certainly  Pop but finally indefinable. Naivete feigned or real … no matter.

Almost child … but everything was so often parasitized by  darker and atonal  mists, or sarcastic stridences.

Very nice indeed.

The object of size 21 x 14.8 cm contains a 20-pages booklet, illustrated and with texts (french + English).  Numbered and limited edition to 333 copies. It is published by PARKLIFE records, label small in size but large in quality.

Let’s put the final nail in the coffin: it’s MANDATORY!

CHEVEU (Born Bad Records – BB010)

CHEVEUL’affaire est entendue : le rock ça n’a toujours finalement été qu’une affaire de cheveux, trop longs, trop courts, trop n’importe comment, selon les époques…Evident !

J.B. Wizzz m’a envoyé un nouveau CD à la pochette minimale…Et j’en reste sur le cul !

Et si finalement le fait que je n’écoute quasiment plus de musique depuis 15 ans n’était pas du à une certaine lassitude en moi, à une overdose de son ?

Dès les premières mesures je ne tiens plus en place, exactement comme à mon premier Gene Vincent, mon premier “not fade away” ou bien “good vibration”, ma découverte de Can ou Throbbing Gristle, ma jubilation au détour d’un Half Japanese ou d’un Suicide.

Je croyais être blasé, mais en fait il suffisait seulement que l’on m’instille la musique adéquate dans les oreilles.

Je ne sais rien de CHEVEU sinon qu’ils viennent de je ne sais où, qu’ils pratiquent une rock plutôt minimal, encore que ça fourmille d’idées à pratiquement chaque morceaux. C’est nerveux, speedé, plein de glissandos, parfois très clair, souvent chaotique…On sent qu’ils n’ont rien à prouver hormis leur envie de jouer…Un vrai jeu d’enfants ! Et assurément pas un jeu de cons !

Bien au contraire ces types ont tout compris : pas besoin de faire compliqué pour être intelligent. Pas besoin de longs discours pour relier le Rock à Arthur Rimbaud .

Music for Vagabonds – the TUXEDOMOON Chronicles

TUXEDOMOONLe livre d’Isabelle Corbisier pour TUXEDOMOON se révèle fort impressionnant par la somme de renseignements révélés…Le groupe le méritait, non seulement à cause de la qualité de ses productions mais aussi par son coté emblématique dans l’univers musical des années 80. La réunion d’artistes évoluant dans différentes sphères de la création pour produire une œuvre tendant vers l’Art Total.

Son coté foisonnant me plait beaucoup, toutes ces notes en marge étaient on ne peut plus nécessaires pour un groupe tel Tuxedomoon qui pratique avec élégance l’art de la dispersion (ou l’éclatement de l’art, pour mieux essaimer).

A lire absolument. (2008 – Lightning Source – 460 pages)

—Google translation—

Isabelle Corbisier‘s book for TUXEDOMOON is impressive by the amount of information disclosed … The group deserved it, not only because of the quality of its products but also by his emblematic side in the musical universe of 80’s years . The meeting of practitioners in various spheres of the establishment to produce a work leaning toward Total Art.

I like very much it’s abounding aspect , all these notes in the margins were absolutely necessary for a group such Tuxedomoon which elegantly practice the art of dispersion (or the breakup of the art, to better spread).

Must be read. (2008 – Lightning Source – 460 pages)